Le Non Match Parfait !
Écrit par Luc Meunier   
lundi 15 octobre 2007

14-9, longtemps le XV de France se souviendra de ce score, témoin du non match parfait de notre équipe.

Oui quelle est douloureuse cette défaite, oui autant que les regrets que nous pouvons nourrir de ce match, de ces Anglais prenables et qui nous ont battus.

Des regrets qui hanteront les nuits des Bleus tant cette demi-finale a été ratée, tant nous nous sommes battus tous seuls, à l'image du match d'ouverture.

Des 4 demi-finalistes, l'Angleterre était l'équipe qui avait la moyenne de points par match la plus faible, qui avait inscrit le moins d'essais, qui n'a pas développé le moindre jeu.

Des regrets, oui, de ce non-sens tactique, de ce jeu au pied hésitant, de ce jeu au large inexistant qui nous avait permis de les battre 2 fois de suite en test match.

Des regrets, oui, d'une équipe empruntée, tendue, confinée dans un jeu sans envergure, embourbée dans une stratégie anglaise de non-match où le réalisme de Wilko a brisé nos espoirs, nos rêves de finale à domicile, comme en 2003, mais sans la pluie cette fois...

Des regrets, oui, d'une équipe de France incapable de produire du jeu, son jeu, celui des espaces, de l'envie, des courses folles avec une ligne de 3/4 au combien supérieure à l'adversaire.

Des regrets, oui, de choix tactiques incohérents, de positionnement de joueurs à des postes inhabituels (Traille à l'arrière, Chabal 2ème ligne, Poitrenaud sur le banc, Marty 2ème centre...)

La victoire face au Blacks en est presque inutile, tant l'absence de jeu a été flagrant samedi.

J'avais plusieurs fois évoqué dans des articles précédents la question de la tactique et des choix du sélectionneur, soulignant que l'exploit contre la Nouvelle-Zélande était celui des hommes en bleu et non celui de l'homme en cravate.

Oh, certes nous avions une défense de fer, capable de résister à tous les assauts mais une attaque flétrie, enfermée dans un système de jeu contre nature où l'envie, l'enthousiasme, l'improvisation étaient bannis.

Des regrets, oui, ceux de savoir qu'au fond de nous il y avait 10 fois la place de gagner contre notre "ennemi intime", ceux de constater que la France n'a pas été cherchée sa finale, qu'elle ne s'est pas donnée les moyens de le faire.

Des regrets, oui, ceux d'une frustration immense de savoir que nous aurions pu gouter la victoire en coupe du monde en prenant des risques, en assumant l'éventualité d'un contre, d'une interception.

Notre seule action d'envergure a échoué d'une petite cuillère anglaise sur Clerc, c'est à méditer pour 2011, où il faudra aller gagner en terre maori...

Dans une semaine, il sera l'heure du bilan général, et ce indépendamment de la médaille en chocolat en jeu vendredi prochain...